Entrepreneure et maman : comment trouver son équilibre

 

Dernièrement, j’ai été invitée par Emilie Ambiaux – la fondatrice des Talentueuses – pour parler d’un sujet qui me tient beaucoup à cœur à savoir comment trouver son équilibre entre son rôle de mère et celui d’entrepreneure.

Étant maman, j’ai conscience que l’on a tendance à se mettre beaucoup de pression face à ses responsabilités familiales et à l’envie de se consacrer pleinement à son entreprise.

 

Dans cet article vous découvrirez mes réponses à l’interview d’Emilie, et plus précisément comment préserver votre énergie et vous épanouir dans vos différents rôles de femme, de mère et de chef d’entreprise.

 


 

Si vous préférez lire, l’article se trouve juste en dessous de la vidéo.

 

 


 

Comment faire pour être productive dans un temps imparti ?

 

C’est une très bonne question ! Déjà, il est important de voir ce que l’on met derrière le terme « être productive » et surtout ce que l’on en attend.

Est-ce que cela signifie qu’il faut remplir sa liste de tâches et avoir tout terminé à la fin de la semaine, quitte à être complètement crevée ?

Ou alors est-ce se sentir satisfaite à la fin de la semaine – même si on n’a pas tout accompli 😊 – parce qu’on a vraiment l’impression d’avoir fait ce qui est important pour nous et nous procure du plaisir ? Bref, que l’on est restée connectée à ce qu’est être entrepreneure ?

Selon moi, être productive commence déjà par accepter qu’il puisse y avoir des imprévus et que nous ne sommes pas des machines, surtout si nous sommes mamans. Parce que finalement, le plus important est de se sentir bien à la fin de sa semaine, d’avoir la sensation que l’on a fait de son mieux.

Nos journées et nos semaines ne sont pas extensibles, donc autant profiter de ce qui nous rend heureuses : notre travail et notre temps en famille.

 

 

Je te rejoins là-dessus, parce que si je me dis « J’ai fait de mon mieux et j’ai accompli MES priorités », je suis hyper contente.

Alors que si j’ai énormément de choses sur ma to do liste – dont certaines assez superficielles finalement, pas vraiment importantes – je vais m’en vouloir de ne pas les avoir faites alors qu’elles n’ont aucun intérêt pour moi.

 

Exactement. L’important, c’est de se fixer des priorités qui soient bonnes : pour ses clients bien sûr, mais aussi pour soi-même c’est-à-dire qui respectent notre rythme, ce que l’on a envie de faire.

Je suis vraiment quelqu’un de perfectionniste. Je peux donc avoir tendance à placer la barre très haut et à me fixer plein de trucs que je veux symboliquement avoir finis.

Alors que si je prends un peu de recul, je me dis : « Qui d’autre que moi cela va embêter si ce n’est pas fait ? ».

La plupart du temps, se poser cette question et se demander si ce qui nous tracasse est vraiment important, si cela a vraiment un intérêt pour notre activité, permet de faire du tri. De cette manière, on peut se dire « Finalement ce n’est pas grave si je ne fais pas ça, cela n’aura pas d’impact sur moi ou mon activité ».

C’est essentiel de faire de la place pour créer et continuer à faire ce que l’on sait faire le mieux.

 

 

Tout à fait ! Personnellement, si je prévois énormément de choses dans mon agenda et qu’il m’arrive un imprévu, tout saute et c’est la frustration garantie. Arriver à accepter de mettre de l’espace dans ses plages de travail, c’est quelque chose que j’ai appris à force d’échec.

 

C’est aussi quelque chose que j’avais tendance à faire : mettre des listes de tâches les unes derrière les autres, qui devaient être faites chaque jour.

Maintenant par défaut je raisonne différemment : je prends ma semaine idéale, je bloque des créneaux pour mes clientes et des créneaux pour moi  Ainsi, j’ai une vision de ce que je veux avoir accompli à la fin de la semaine, et cela me laisse de la flexibilité.

Il y a quelque temps, j’ai suivi une formation en organisation qui expliquait disait qu’il faut ajouter 30 % de temps en plus de temps que l’on a prévu pour une tâche. D’une part, cela permet de souffler un peu pendant sa réalisation et d’autre part de potentiellement se libérer du temps pour faire autre chose.

C’est donc important d’avoir une vision d’ensemble sur la semaine à venir lorsqu’on veut prévoir quelque chose : quelles sont mes priorités, mes objectifs principaux de la semaine ? Qu’est-ce que je veux avoir accompli ?

Typiquement les clients sont souvent la priorité numéro 1, mais à côté de cela il est aussi important d’avoir d’autres objectifs : personnels et professionnels.

 

 

Le fait de laisser de l’espace et de la flexibilité dans mes journées m’aide à être plus dans ce que je fais au moment où je le fais. Avant je me forçais à rester assise à mon bureau et à ne faire que travailler alors que je n’en avais pas vraiment envie…

Maintenant, j’arrive à repérer ces moments où mon cerveau me dit « J’ai envie de sortir m’aérer ». J’accepte que j’arrête parce que je ne suis plus à 100 % dans ce que je fais et qu’il faut que je fasse quelque chose pour casser ça.

 

C’est très intéressant ce que tu dis, parce que je pense que c’est vraiment une clé aussi pour être « productive », au sens d’être respectueuse de son rythme : c’est de bien se connaître et de s’écouter.

Cela permet de savoir à quel moment de la journée on est la plus productive, et quel est le moment où clairement ça sert à rien d’être derrière son ordinateur.

Personnellement, j’ai regardé quels étaient les moments où je travaillais le mieux et ceux où j’avais plus de mal à me concentrer… Et ce pour chaque jour de la semaine, parce qu’il y a aussi des jours où l’on est plus productive que d’autres !

Par exemple je sais que j’arrive à abattre un travail énorme le lundi, alors que le vendredi je suis déjà un peu en weekend 😊 Je me cale donc des tâches administratives ou une formation que j’ai envie de suivre.

Apprenez à observer votre rythme, et à adapter votre charge de travail en fonction de lui. Pensez aussi à caler du temps pour vous dans votre emploi du temps, sinon vous ne le ferez pas.

Tout cela permet d’être beaucoup plus bienveillante envers soi-même, d’être moins dans l’exigence et de se sentir bien à la fin de la journée. Et d’être beaucoup plus disponible pour sa famille, car ça aussi c’est un point important.

 

 

Tu vois, quelque chose qui m’aide à me remettre dans un bon état d’esprit avant d’aller chercher ma fille et de ne pas être en tension, c’est de prendre le temps de me poser pour faire le bilan de ma journée.

Je remplis un cahier de gratitudes où je me dis de quoi je suis contente aujourd’hui, et ça m’aide.

 

Exactement, c’est un peu ce que j’appelle mon « sas de décompression ». Mes journées sont super optimisées, avec des variations dans les tâches que je me suis fixé, mais il y a quelque chose sur lequel je mets un point d’honneur : je vais chercher mes enfants à 16h30.

Donc à 16h j’arrête ce que je fais pour avoir le temps de digérer ce que j’ai vécu dans ma journée.

Au début je ne le faisais pas, : je fermais mon ordinateur à 16h20, je courais pour aller à l’école, j’arrivais en ayant encore le boulot dans la tête en me demandant si je n’avais pas oublié quelque chose… Cela peut vraiment gâcher tout le sentiment de satisfaction que l’on a accumulé dans sa journée !

Après bien sûr, cela ne veut pas dire que je ne pense jamais au boulot quand je suis avec eux. Mon travail, comme pour beaucoup d’entrepreneures, c’est mon bébé, j’y tiens ! Mais j’y pense de manière positive : je pense aux projets à venir, à mes objectifs…

Ce sas de décompression est hyper important pour recharger les batteries, terminer « vraiment » votre journée et être pleinement avec les gens qui comptent pour vous. Et faire des choses importantes pour vous aussi.

 

 

Je te rejoins beaucoup sur le fait d’être pleinement disponible, parce que de l’extérieur c’est exactement la même chose : si je suis dans ma tête en train de réfléchir à ce que je n’ai pas fait, je sors mon téléphone et là c’est une catastrophe ! Tu es à côté de tes enfants, mais en fait t’es pas là.

Je vivais ça quand j’étais salariée, parce que j’avais un téléphone professionnel, les emails qui s’affichent… Ça te mange ton temps et ta présence. C’était très important pour moi d’arriver à être bien, sans me faire manger continuellement.

 

C’est ça exactement. On est au travail, avec ses enfants, puis on fait à manger et la journée est finie. On ne sait même plus ce que l’on a fait, on n’a plus envie de parler avec son conjoint et on a juste envie de se caler devant une série.

Personnellement ma vie a changé le jour où j’ai décidé de ne plus synchroniser ma boîte mails professionnelle avec mon téléphone. Le weekend, je ne regarde plus les mails du boulot parce que sinon, je trouve que cela entretient une sorte de dépendance un peu malsaine.

On a besoin de temps pour déconnecter, aussi bien à la fin de sa journée que le weekend.

De même que c’est important de prendre des vacances, ou de se dire de temps en temps de se dire : « Tiens j’ai un imprévu, demain je ne vais pas travailler le matin. », Ou bien « Allez, je prends carrément ma journée ». Il y a certaines tâches qui ne seront pas faites, mais cela fait du bien de se dire que l’on peut s’occuper de soi et ne pas s’oublier malgré le fait que l’on gère une entreprise.

 

 

Je te rejoins sur les deux volets, d’arriver à dire que je fais du mieux que je peux et en même temps que j’ai construit cette activité pour m’offrir aussi de la flexibilité. J’accepte parfois de lâcher prise et de donner la priorité à autre chose que ce que je devais faire.

 

Tout à fait ! Le fait de laisser de la souplesse dans son emploi du temps permet aussi de pouvoir se dire lorsqu’il il y a un imprévu « Ce n’est pas grave, je peux remettre à plus tard ».

Je vois mes semaines un peu comme des cubes : je peux décaler des cubes importants à d’autres endroits, et recaler des cubes moins prioritaires à la semaine d’après.

Pour en revenir à ce que tu disais, une des raisons principales qui m’a poussé à devenir entrepreneure c’est bien sûr cette envie de liberté mais surtout d’avoir du temps pour mes enfants. Pour moi, c’est une source d’épanouissement infini de me dire « Je peux aller chercher mes enfants à 16h30 à l’école ou m’occuper d’eux le mercredi » alors que d’autres enfants vont à la garderie. C’est essentiel pour moi de me dire que je peux leur accorder du temps tant qu’ils ont besoin de moi.

Parfois bien sûr, il y a des moments où j’aimerais bien retravailler. Mais d’avoir mes enfants, c’est ma soupape de décompression : je me dis que cela me permet de garder un équilibre et de ne pas trop en faire.

Le danger quand on est entrepreneure, c’est que l’on peut tout de suite s’épuiser. Pour moi avoir ce temps-là avec eux c’est précieux, tout comme c’est précieux d’avoir du temps pour travailler quand ils sont à l’école 😊

 

 

Je dis toujours à mes clientes qu’elles sont leur première ressource, elles ont donc besoin de prendre soin d’elles. C’est un peu dur, mais c’est trop facile de s’épuiser et après de dire que l’on n’en peut plus. Cela peut arriver, on peut en faire l’apprentissage une fois, deux fois, mais après il faut se demander ce que l’on peut mettre dans son agenda pour se donner le droit. Il s’agit de s’autoriser, d’accepter de se donner des pauses pour être plus productive et ancrée dans ce que l’on fait.

 

Tout à fait. Et c’est ce que l’on peut faire aussi pour enchaîner ses journées avec plaisir.

Je crois qu’il est important de toujours garder en tête ce que l’on attend du fait d’être entrepreneure, d’une part en étant en accord avec vos valeurs : si la famille est importante pour vous, donnez-lui de la place.

D’autre part en vous demandant comment faire en sorte que vos semaines de travail, même si vous ne faites qu’une tâche dans la semaine, vous permettent d’être satisfaite de ce que vous avez accompli.

 

 

C’était quelque chose que tu avais nommé la première fois qu’on s’était parlé : comment rester dans le plaisir et pas juste dans le « Je dois / il faut ».

 

Exactement ! Il faut bannir le « il faut » ! C’est un truc que l’on m’avait appris, et c’est vrai que quand on change ça, cela change tout.

 

 

Carrément ! Et bien super Julia, merci beaucoup.

 

Merci à toi, cela me fait plaisir de parler de ce sujet parce que je trouve qu’il y a déjà énormément de pression sur les femmes de manière naturelle, mais encore plus les entrepreneures.

Il y a un certain nombre de croyances qu’il est important de mettre au placard, et d’accepter que l’on a le droit d’arrêter de se sentir coupable parce que l’on travaille au lieu de s’occuper de nos enfants ou que l’on pense au lorsqu’on est avec eux ! Nous sommes des êtres humains, si notre travail est quelque chose d’important pour nous alors c’est normal de lui donner de la place.

Être entrepreneure, malgré ce que l’on peut entendre, ce n’est pas facile ni à la portée de tout le monde : donc si vous êtes encore là, peu importe depuis quand vous avez commencé, vous pouvez être fière de ça. Et encore plus si vous êtes maman à côté de ça !

 

 

Je suis tellement d’accord avec ce que tu dis, parce que pour moi c’est déconstruire la logique de la Wonderwoman : arrêter de dire qu’il faut être forte et bonne sur tous les tableaux, et sourire tout le temps.

C’est important pour moi de trouver quelque chose qui respecte mes priorités, mon projet, et ne pas être dans cette logique de « Je suis forte et je vais tout affronter ». Il y a des jours où c’est plus difficile : être à l‘écoute de soi permet de prendre plus soin de soi et d’aller plus loin.

 

Même pour ses enfants, c’est un super exemple à donner : se dire que les choses ne sont pas parfaites, qu’il peut y avoir des moments difficiles plutôt que de garder le costume de la femme qui porte tout sur ses épaules.

Non, il y a des jours où l’on n’a pas envie, où l’on n’a pas trop le moral. Si nos enfants le ressentent, c’est important de leur en parler et de leur dire que c’est la vie. Je suis convaincue que cela en fera des adultes beaucoup plus épanouis, et qui sait, de futurs entrepreneurs ?

 

 

Merci encore. Pour moi c’est important de montrer que c’est accessible et que cela fait partie des choses qui sont faisables, que cela ne demande pas d’avoir 15 ans d’expérience.

 

Tout à fait : on apprend à être maman, on apprend à être entrepreneure, on apprend à lier les deux. On se trompe, on recommence et puis ce n’est pas grave.

Les jours passent quand même et au final, l’important est de lâcher prise, de faire preuve de bienveillance, et de trouver l’organisation qui nous convient pour arriver à nous sentir satisfaites.

Emilie est la fondatrice des Talentueuses, elle conseille les entrepreneurs dans le développement de leur activité en s’appuyant sur les principes du lean start-up.
Elle est également une jeune maman qui construit une vie équilibrée entre son business et sa vie privée.

Et vous, comment trouvez-vous votre équilibre entre le travail et le reste ? N’hésitez pas à partager vos conseils en commentaires ⬇️